Dimanche 11 février 2007
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Faits & légendes
Vers la fin du IXe siècle un ouvrage paraît au Japon : le Kokin Wakashû, ou Kokinshû. Il rassemble et présente certaines œuvres des « six poètes immortels », les rokkasen (六歌仙). Ces auteurs de waka (和歌) sont depuis lors réputés comme les plus grands poètes de l’époque Heian (794-1185). Parmi ces six rokkasen, une poétesse : Ono no Komachi, dont dix-huit poèmes figurent dans le Kokinshû.
On connaît peu de chose de la vie de Komachi. On suppose qu’elle naquit au début du IXe siècle, et qu’elle mourut vers 900. Il ne reste d’elle que quelques poèmes, de nombreuses légendes, et le mythe d’une beauté aussi exceptionnelle que sa vieillesse fut douloureuse.
Une poignée de pièces de théâtre Nô sont consacrées à la figure de Komachi et à ses errements supposés. Dans la région d’Akita, d’où elle serait originaire, une variété de riz et la voie de chemin de fer locales portent son nom. Un festival est organisé chaque année en son honneur au mois de juin, dans la ville d’Ogachi. Etrange postérité pour une poétesse.
La légende d’Ono no Komachi s’est essentiellement diffusée au Japon, puis au-delà, par l’intermédiaire du théâtre Nô de l’époque médiévale. Le cycle de cinq pièces classiques qui lui est consacré décrit Komachi comme une grande poétesse, mais aussi comme une "séductrice" (irokonomi) ayant fait preuve d'une grande cruauté envers les hommes. Une « femme fatale », en somme, dont la vieillesse solitaire, douloureuse et misérable aurait été le châtiment.
Un article de Sarah M. Strong, publié en 1994, permet d'en savoir un peu plus, sinon sur la poétesse, du moins sur la façon dont elle est devenue la figure emblématique de le « femme fatale » au Japon.
On considère généralement que les auteurs de pièces de théâtre Nô puisaient leur inspiration dans la lecture des classiques – complétée par leur propre imagination. Parmi ces classiques, deux recueils de poèmes, le Kokinshû et le Gosenshû ; deux "récits véridiques" ou monogatari (物語), œuvres littéraires composées de nombreuses anecdotes et de poèmes (Ise monogatari et Yamato monogatari). Enfin, un recueil plus tardif d’une centaine de poèmes attribués à Komachi, le Komachishû – qualifié par Sarah Strong de « curieux assortiment ».
Les cinq pièces du cycle Komachi présentent la poétesse comme une femme irrésistible. Le récit des pièces Kayoi Komachi et Sotoba Komachi en fait en outre une femme cruelle. Entre les auteurs de pièces de théâtre et les classiques de l'époque Heian (794-1185), Sarah M. Strong souligne le rôle essentiel joué par les premiers commentaires de ces classiques, écrits au début de l'époque Kamakura (1185-1333).
Vers la fin du IXe siècle un ouvrage paraît au Japon : le Kokin Wakashû, ou Kokinshû. Il rassemble et présente certaines œuvres des « six poètes immortels », les rokkasen (六歌仙). Ces auteurs de waka (和歌) sont depuis lors réputés comme les plus grands poètes de l’époque Heian (794-1185). Parmi ces six rokkasen, une poétesse : Ono no Komachi, dont dix-huit poèmes figurent dans le Kokinshû.
On connaît peu de chose de la vie de Komachi. On suppose qu’elle naquit au début du IXe siècle, et qu’elle mourut vers 900. Il ne reste d’elle que quelques poèmes, de nombreuses légendes, et le mythe d’une beauté aussi exceptionnelle que sa vieillesse fut douloureuse.
La couleur des fleurs
S'est fanée hélas
Tandis que le regard perdu
Je pense à la fuite de mes jours
Dans la nuit où il pleut sans fin
[source]
S'est fanée hélas
Tandis que le regard perdu
Je pense à la fuite de mes jours
Dans la nuit où il pleut sans fin
[source]
Une poignée de pièces de théâtre Nô sont consacrées à la figure de Komachi et à ses errements supposés. Dans la région d’Akita, d’où elle serait originaire, une variété de riz et la voie de chemin de fer locales portent son nom. Un festival est organisé chaque année en son honneur au mois de juin, dans la ville d’Ogachi. Etrange postérité pour une poétesse.
La légende d’Ono no Komachi s’est essentiellement diffusée au Japon, puis au-delà, par l’intermédiaire du théâtre Nô de l’époque médiévale. Le cycle de cinq pièces classiques qui lui est consacré décrit Komachi comme une grande poétesse, mais aussi comme une "séductrice" (irokonomi) ayant fait preuve d'une grande cruauté envers les hommes. Une « femme fatale », en somme, dont la vieillesse solitaire, douloureuse et misérable aurait été le châtiment.
Un article de Sarah M. Strong, publié en 1994, permet d'en savoir un peu plus, sinon sur la poétesse, du moins sur la façon dont elle est devenue la figure emblématique de le « femme fatale » au Japon.
On considère généralement que les auteurs de pièces de théâtre Nô puisaient leur inspiration dans la lecture des classiques – complétée par leur propre imagination. Parmi ces classiques, deux recueils de poèmes, le Kokinshû et le Gosenshû ; deux "récits véridiques" ou monogatari (物語), œuvres littéraires composées de nombreuses anecdotes et de poèmes (Ise monogatari et Yamato monogatari). Enfin, un recueil plus tardif d’une centaine de poèmes attribués à Komachi, le Komachishû – qualifié par Sarah Strong de « curieux assortiment ».
Les cinq pièces du cycle Komachi présentent la poétesse comme une femme irrésistible. Le récit des pièces Kayoi Komachi et Sotoba Komachi en fait en outre une femme cruelle. Entre les auteurs de pièces de théâtre et les classiques de l'époque Heian (794-1185), Sarah M. Strong souligne le rôle essentiel joué par les premiers commentaires de ces classiques, écrits au début de l'époque Kamakura (1185-1333).
[ à suivre :p ]

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