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griffon`nage

Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /2006 22:02
Je me sens malade. Je me soigne au sirop contre la toux. Je me sens sous perfusion. La musique de mes 15 ans irrigue mes heures, de ses battements réguliers et sans imagination. Un peu comme s'il me fallait revenir douze ans en arrière pour reprendre l'écheveau de mes angoisses là où j'ai commencé à l'enterrer.

Le quotidien tendu entre panique et apathie, toutes les béquilles sont bonnes pour maintenir un état d'efficacité relative. A l'horizon, 70 paires de noeils qui jugent, et un type en face qui serre la machoire pour faire croire qu'il sait ce qu'il fait là. Un jour confiant dans ma bonne volonté, le lendemain asphyxié par des peurs sans nom.

Y a plein de gens qui se balladent avec une veste, parfois même une cravatte, et qui défilent sous le regard des autres. Et moi, il faut que je rentre dans la danse, porté à bout de bras par des paroles idiotes et un rythme à 120 bpm.

8-9 heure, on se lève. On prend un nescafé, c'est bon et ça trouble pas un estomac déjà passablement noué. Trois clicks, et on file sous la douche. On en sort, on se regarde dans la glace, on hésite à se donner un coup de rasoir - doucement, hein, sur la joue, juste en passant.

On se dit que ce matin encore, on a réussi à mettre la machine en route. On se dit que c'est une victoire bien médiocre - un petit ver qui bombe le torse - mais une victoire quand même. Après tout, six mois auparavant, le petit ver ne faisait que lombriquer dans la mousse.

La musique s'est arrêtée. Faut relancer le pace-maker de mon courage. Petit ver qui se maintient par la grace d'une corde à linge. Tympan gauche, tête creuse, tympan droit. Et deux pinces au dessus des sourcils en cas de vent.

poum tchac poum poum tchac
Et puis
boum boum boum

Une petite palette suffisante pour regarder l'horizon bouché par une poignée de monstres dans le placard qui s'approchent lentement.

Est-ce que j'ai vraiment perdu mon temps pendant les dix dernières années ? Je n'ai plus envie de taper sur les murs. J'ai appris à m'amollir - un peu trop. Je sais presque que je ne suis pas seul, ce vieux fantasme de mes 18 ans, ce lieu commun des torses poilus.

Le fait de ne pas être parfait - ou plutôt l'éventualité que ça se sache - ne m'est plus si insupportable.
- Mate le roi !
- Ouais, t'inquiète, ça s'appelle du naturisme.
Une poignée de petits détails inachevés.

Parfois j'arrive à rester rationnel. Je sais que si je n'avance pas vers l'échéance, c'est elle qui viendra à moi, puis partira, selon le même tempo indifféremment indolent. Je sais aussi que j'ai suffisamment éviter les rouleaux en piquant du nez sous la vague, qu'il est temps de tenter de se maintenir, et qu'au fond - ou plutôt à la surface - je ne risque que d'avaler un peu d'eau salée.

Enfin pas exactement.
Mais c'est pas la peine de trop y penser pour l'instant.

C'est en flottant qu'on apprend à nager
Vaguement
 
Par Wuwei - Publié dans : griffon`nage
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Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /2006 22:05
J'ai du soda bien pâteux bien glue-cause plein le palais
J'en veux d'autre j'attends
Saturé mais toujours prêt pour un peu plus de sucre
De la gélatine rouge jaune verte noire
Des ronds des carrés de la chimie colorée
Le sucre glisse coule
Dilution instantanée
Répétition répétée
Ni élaboré ni préparé ni postparé simplement là simplement prêt
Toujours disponible en quantité illimitée
Ni heure ni lieu le sucre est à portée
De main
La main à portée de sucre le sucre apporté la main empotée
Enfourne enfourne par petits bouts par gros morceaux avec avidité du bout des lèvres avec envie
Ou sans
Toujours un peu plus
Quand la faim de sucre m'étouffe je rêve d'un verre de sucre
Et je me sers
Quand j'ai tellement bu que le sirop innonde mes boyaux
J'épanche d'éponges sucrées
Le sucre est la solution au sucre mon remède mon futur mon passé
Le sucre est le tout du sucre
Je m'endors à contre coeur j'aurais aimé un peu plus de sucre
Je me lève difficilement il me faut quitter le sucre
Je me traîne jusqu'au premier lieu où j'espère trouver du sucre
Et je sucre et je sucre
Je sucre
 
Par Wuwei - Publié dans : griffon`nage
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 22:06

L’être a deux formes. La première est celle qu’il m’a été donné de voir le plus tôt. Pendant de longues années, je n’ai vu qu’elle. L’être en mouvement.

Dominant brutalement une montagne, surgissant face au énième étage d’une tour de verre, toisant avec indifférence un barrage de béton, l’être s’élance. Une vague énorme. Un mur d’eau. Un mur en mouvement, et moi figé face à lui les yeux levé vers sa hauteur. L’être en mouvement est immense, fascinant, paralysant.

Pourtant on lui échappe. Il se retire alors que son écume feignait déjà de caresser les vitres. Il surmonte le chemin sinueux, à flanc de roc, l’encerclant au creux de son rouleau, laissant complaisamment à ses prisonniers le temps de fuir. Ou il s’éclipse.

Tout disparaît soudainement dans une obscurité presque réconfortante. Les yeux de la nuit se ferment et cèdent la place au rythme du jour. Tout au plus en reste-t-il quelque chose, au creux du ventre. Pas une image, même pas un souvenir, à peine un sentiment. Rien qu'une sensation. Un noeud.

L’être immobile ne s’est laissé voir que cet automne, lors d'une nuit étrangère. Silencieux. Noir. Allongé sous le ciel d’une nuit claire. Il était à quai. Je marchais le long du quai, approchant pour la première fois ce que j’avais toujours du fuir. Quelques pas, un nœud au ventre – mais un petit nœud. Un nœud pap’. Et puis j’ai fait demi tour. Je n’étais pas seul, il y avait quelque d’autre avec moi. Mais qui ? un homme je crois.

Pour quitter le quai, quelques escaliers. A côté des escaliers, un plan incliné. Ici, on a pensé aux handicapés, qu’eux aussi puissent s’approcher de l’être immobile. J’ai emprunté le plan incliné, glissant un peu, et puis je me suis accroché. Ca allait.

Depuis, je suis venu vivre sur cette petite butte, tombé malgré moi de ma colline prise entre deux fleuves, 317 kilomètres plus bas. Au pied de la petite butte, il y a la mer. Quelques escaliers nous séparent. Et puis une soir, longeant le havre, je l’ai reconnue. Je l’avais déjà vue des centaines de fois, mais l’être immobile ne s’était encore jamais laissé approché. Donc pas de rapprochement.

Ce soir-là, le vent soufflait. Les bateaux hurlaient. Je ne savais pas que les bateaux hurlaient. Et la mer était noire, immobile, sous le ciel d’une nuit claire. Je l’ai longée vers l’est, ôtant ma capuche pour sentir le vent sur mon crâne presque nu, puis vers le sud, et enfin vers l’ouest. Puis je suis revenu. Je l’ai longée vers l’ouest, vers le sud, vers l’est. J’ai remonté mes escaliers.

Une image de l’être immobile vit en bas de chez moi, sous des bateaux hurlants.

J’irai peut-être faire connaissance.
 
Par Wuwei - Publié dans : griffon`nage
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /2006 22:06
Au-delà du sucre il y a le citron !
Pas qu'un zeste, cette fois.
Un gros citron jaune qui rayonne narquois et pique les yeux.
Acide.
Ah non, je confonds.
Amer.
J'ai bien fait de passer au Nescafé moi.

" - Vous prendrez bien une tasse de citron ?
- Volontiers, mais un déci, alors."
 
Par Wuwei - Publié dans : griffon`nage
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Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /2007 23:22
jusqu'où peux-tu te
dépouiller
sans voir tes traits
disparaître
 
Par HK - Publié dans : griffon`nage
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