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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /2007 19:12
"Il ne faut pas blâmer ma mère. Il ne faut blâmer personne.
Si quelqu'un doit être blâmé, autant blâmer tout le monde.
Ou alors blâmons la condition humaine..."

Taneda Shoichi naît en 1882 dans une famille de producteurs de sake. Alors que son père multiplie les infidélités et sombre dans l'alcoolisme, sa mère se suicide en 1893 en se jettant dans un puits.

A vingt ans, Shoichi entame des études de littérature, et choisit alors le pseudonyme de Santoka - "Feu au sommet de la montagne". Il abandonne au bout de deux ans : études, alcoolisme et dépressions ne font pas bon ménage.

De retour dans l'entreprise familiale, en 1910, il se marie à Sato Sakino, avec qui il aura un enfant. L'année suivante, il commence à publier des haïkus dans le magazine Soun, dirigé par le poète Ogiwara Seisensui, qui prendra Santoka comme élève. En 1916, l'entreprise de sake de la famille fait faillite. Santoka tente quelques temps de tenir un boutique de livres d'occasion, sans grand succès. En 1920, son mariage est rompu, et Santoka part vivre seul à Tokyo. Peu après, son père et son jeune frère se suicident.

En 1924, c'est Santoka à son tour qui, ivre mort, tente de se suicider, débout sur les rails d'un train. Sauver in extremis par Mochizuki Gian, un moine adepte du boudhisme Zen, il est reccueilli par ce dernier. Domestique dans le temple de Gian, il est bientôt ordonné moine. Santoka formule alors trois voeux.
Ne pas exiger l'impossible.
Ne pas regretter le passé.
Ne pas se culpabiliser.

En 1925, il quitte le temple, et commence une vie d'errance à travers le Japon, faite de mendicité et de haïkus. Des préceptes de Ogiwara Seisensui et de sa vie chaotique, Santoka héritera une conception très libre du haïku. Refusant à la fois le principe du kigo et les règles rythmiques de versification en 5-7-5, Santoka pratique un haïku affranchi de toute contrainte formelle, où seule compte l'expérience poétique. Il n'est pas jusqu'à la grammaire japonaise qu'il outrepasse allègrement, si celle-ci est un frein à son expressivité.

En 1932, il s'installe dans un ermitage, auquel il reviendra régulièrement entre ses voyages, jusqu'à sa mort en 1940. L'un de ses amis, Oyama Sumita, décrit sa vie en ces termes :

"Santoka ne pensait ni à hier, ni à demain, mais il prenait chaque jour comme il se présentait. Dans le zen, le moindre souffle est apprécié pour ce qu'il est. Santoka fit honneur à chaque souffle, chaque instant, chaque jour, comme si c'était son dernier. Chaque pas, chaque mouvement, chaque haïku était le tout de sa vie."

L'histoire ne dit pas ce que sont devenus sa femme et son enfant ;-)

蝿を打ち
蚊を打ち
我を打ち

Par HK - Publié dans : détails
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Commentaires

Sur les sources qui m'ont permises de faire cet article...
Le site de Nekojita (d'où le haïku final est extrait) ; les pages de Kametaro consacrées à Santoka ; le site de poésie Quasar ; et l'article de wikipédia...
Commentaire n°1 posté par HK le 01/02/2007 à 00h58

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