Mercredi 31 mai 2006
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Moi je croyais que c'était une fine étoffe de soie. En fait, c'est plutôt de la grosse corde.
On taille dans la confiance, bon, ça résiste. On cisaille l'avenir. Ca ça résiste moins. On coupe les mots, mais ils repoussent, alors on coupe à nouveau. Ca c'est fatiguant. On coupe des repas rituels autour d'une table ronde et d'une assiette de courgettes ou d'une casserole de lentilles. On tranche jusqu'à la promiscuité, la proximité, elle, s'est délitée d'elle-même. On coupe nos corps, on coupe des nuits. On coupe encore des mots, mauvaises herbes entre les malaises. On coupe des rires. On coupe quelques illusions et quelques faux prétextes. On coupe des regards. J'aimerais couper avec des ciseaux à bouts ronds, en suivant soigneusement les pointillés.
Chaque jour on peut trouver du neuf à couper.
Ma vie en mode sécateur.
Par Wuwei
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Publié dans : griffon`nage
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