Au XVIe siècle apparaît le haïkaï qui est le premier verset du tanka. Ce petit poème de dix-sept syllabes (chiffre sacré) connaît une vogue extraordinaire au Japon à partir du XVIIe siècle; c'est beaucoup plus récemment qu'on le nommera "haïku"."
Tokyo Godfather, un film d'animation publié en 2003 en forme de conte de Noël.
Tout commence par un prêche emprunté. Deux personnages parmi d’autres sont prêts à s’acquitter, de plus ou moins bonne grâce, de ce billet d’entrée pour la soupe qu’une œuvre de charité chrétienne offre aux sans-abris.
Hana, travesti à la carrure impressionnante et Gin, vieux barbu rabougri et alcoolique, auront de quoi se nourrir eux, ainsi que la jeune fille qu’ils protègent.
Kiyuki, d’ailleurs, les attend sagement, illuminant le soir de noël des passants d’un miracle à sa portée. Elle crache de petits glaviots ciselés du toit d’un immeuble, discrètement camouflée derrière l’immense publicité pour le film du moment : L’ange des larmes.
Il manquait un divin enfant à ces rois en marge. Le voici dans une crèche de poubelles, perdu dans l’arrière-cour d’un quartier riche. Kiyoko, ainsi baptisée le temps d’un conte, rejoint l’équipage. Dur de savoir si elle conduira ses protecteurs dévoués vers un salut ici-bas ou dans l’au-delà.
Hana, lorsqu’il ne compose pas des réflexions théologiques rigolardes sur Dieu et ses erreurs, se fait poète. Elle sait aussi bien dissiper l’immobilité d’un instant par ses coups de gueule ravageurs ou ses crises de larmes, que le saisir d’un haïku inspiré.
Hana, "fleur", désigne implicitement dans un haïku la fleur de cerisier, et constitue un kigo. C’est le printemps, où tout se confond et tout renaît, qui va donc fixer en une poignée de kanjis et d’hiraganas les deux « saisons » de cette errance dans les rues de Tokyo : l’hiver, et le nouvel an, saison à part entière dans le haïku traditionnel japonais.
Alors qu’elle s’énerve contre les deux autres, l’expression de Hana s’arrête subitement, sous les premiers flocons qui commencent à tomber.
- Oh… un haïku.
Un petit bébé
Neige poudreuse sur ses joues
En cette nuit sacrée
Au moment de quitter sa mère adoptive, longtemps perdue de vue, Hana :
Le souffle blanc de ma mère
Qui me voit partir
Vers un long voyage
Lors d’une séparation déchirante avec le bébé abandonné dont Hana et Kiyuki pensent qu’il a enfin retrouvé sa mère, une horloge sonne au loin. Hana :
Le dernier jour de l’année
Quand les événements d’une vie
Sont instaurés
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